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Les Assiettes de Juliette : « L’affaire de l’orfèvre Kei »

La guilde des gastronomiques parisiens compte un nouveau maître. Etabli non loin de la Bourse du Commerce, Kei Kobayashi a redonné son éclat à l’ancien 3-puis-2-puis-1 étoile de Gérard Besson rue du Coq Héron. Sans aucun motif répétitif, ce chef formé en France cisèle son menu avec ses shogun nippons, imprimant sa griffe du soleil levant de l’amuse-bouche au dessert avec un goût du travail bien fait qu’on commençait à regretter à Paris. Ses outils sont simples : équilibre, précision, esthétique, un peu d’audace et surtout, le refus de fioritures inutiles….  Comment Kei relève-t-il son pari parisien ? Quelques coups de fourchettes polissées vous rendront complices de son entreprise sans pour autant faire de vous de coupables désignés.

La scène se passe dans en huis clos dans un appartement aux tons gustaviens auquel moulures et miroirs donnent une atmosphère toute parisienne. Entre Cluedo et jeu de Go, on mène l’enquête au fur et a mesure que les assiettes des menus mystère 1,2 ou 3 sont dévoilées. Car oui, au Kei, on fait confiance et on se laisse cuisiner. La BAC, la Brigade des Artistes Culinaires, connait son métier.

La première affaire, efficace en trois mouvements (entrée, plat, dessert) risque de vous donner la clé de l’histoire un peu facilement. La seconde (3 entrées, poisson, viande, fromages et 2 desserts) vous donnera d’avantage d’indices, tandis que la troisième vous permettra de pencher votre loupe sur diamants noirs et perles de caviar.

Aucun attentat au bon goût, les crimes sont parfaitement maquillés, et les victimes dans les assiettes font de jolis martyrs : saint jacques au citron truffe, homard en nage de potiron, trèfle et yuzu, filets de rouget au cédrat, gnocchis en vapeur de parmesan, selle de veau et purée de châtaignes. Le Chef laisse aussi ses empreintes sur les desserts : sorbet coco, kumquats confits, nems de chocolat blanc. Et grâce à la complicité de la cuisine moléculaire, les sphérifications de jasmin vous conforteront dans votre intuition : Kei est un gentleman cambrioleur de saveurs. Le mystère résolu, savourez votre récompense : un dîner d’une rare finesse.

Après « Breakfast at Tiffany’s », « Diner at Kei » deviendra sûrement un grand classique du 8ème art.

Où? 5 rue Coq Héron 75001 Paris, métro Bourse ou Sentier – 01 42 33 14 74 – http://www.restaurant-kei.fr/

Quand ?  Le soir exclusivement. Du mardi au samedi.

Avec qui ? Des gendarmes du bon gout, un agent du renseignement, Rouletabille, John Steed, mais pas les bœuf-carottes.

A vos pieds ? Des bottes noires à talons pour votre côté Emma Peel, des sur-chaussures pour brouiller les pistes.

Dans votre ipod ? C’est ok, Eddy Mitchell.

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