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Les Assiettes de Juliette : Un dîner aux chandelles chez Petrelle

Le décor de ce cabinet de curiosités ne manquera pas d’éveiller la vôtre. Table intime et confidentielle du 9ème, le Petrelle se niche au bout d’une ruelle curieusement sombre d’un Paris du 19ème siècle. Une fois la porte passée, on hésite entre un salon littéraire et la salle à manger d’un hôtel de province ou l’on aurait pris pension. Une demi-douzaine de tables à peine. Sur les nappes blanches, des bouquets de roses anciennes côtoient d’élégants plateaux d’argent et d’étranges natures mortes placées sous globe. Du plafond, la lumière d’imposants lustres en bois doré se tamise sur la pièce, et haut sur les murs, quelques massacres surveillent un gros chat satisfait, nostalgique d’une époque révolue. L’esthétique est définitivement romantique, le dîner l’est tout autant. Ici, l’inspiration et l’enthousiasme ne s’opposent pas.

En cuisine, le chef aurait le plus grand mal à renier son passage chez Passard tant les légumes-racine sont les héros de ce théâtre culinaire de poche. Malgré l’unité de temps, de lieu et d’action, la pièce qui se joue dans les assiettes n’a rien d’une tragédie. Premier acte, quelques artichauts poivrades en salade de moutarde s’adoucissent d’une compotée d’oignons rouges et de chips de racine de persil. Le mélange est audacieux mais manque curieusement d’un peu de contraste de texture.
Le second acte s’anime d’un perdreau rouge au foie gras embroché de romarin. Sur un lit de betteraves, carottes violettes, rutabagas et topinambours, qui n’évoquent plus aucun rationnement, il s’offre sans résistance. Même combat pour les ris de veau aux girolles qui raviront le fan d’abats – sans s’infliger Mama Mia. Patientez ensuite jusqu’au dessert quand quelques meringues et un très simple pot de crème à la vanille et à la lavande tenteront de vous compter fleurette. Joli bouquet également pour le Gigondas qui accompagnera votre repas sans vous faire bruler la chandelle par les deux bouts.

Une fois n’est pas coutume, achevez ce parcours in Wonder land par un crochet au sous-sol, de l’autre côté du miroir, où vous ne manquerez pas d’apprécier le linge brodé aux initiales JL. On se sent décidément chez soi, chez Petrelle.

Où : 34, Rue Pétrelle , 75009 Paris – Tél : 01 42 82 11 02 – Ouvert uniquement le soir du mardi au samedi – A la carte (entrée + plat + dessert) 50 – 65 € (sans les vins)
Avec qui : Alice, Pierrot, Boule de suif, P’tertr’Lui, P’tetr’Elle
Quand : pour souper en sortant du théâtre, un soir de retrouvailles en hiver
A vos pieds : des bottes de 7 lieues, des chaussures magiques
Dans votre ipod : Le Freischütz, Carla Maria Von Weber

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