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Le Japon en livres

Je ne suis jamais allée au Japon, tout comme je ne suis pas encore allé en Inde. Mais c’est un pays que je découvre peu à peu grâce aux livres. Je me plonge dans différentes époques pour lever le voile sur les mystères de ce pays au raffinement ultime, où chaque mot est porteur de poésie, où les rites semblent parfois écrasants, où la modernité est parfois saisissante.

Tour d’horizon des quelques romans sur le pays du Soleil Levant. (Attention, billet un peu long :)).

1- Le clan des Otoris (4 tomes), de Lian Hearn

Cette saga historique plonge le lecteur au coeur d’un Japon féodal fait d’aventures, de combats mais aussi de magie. Comme dans tout bon roman d’aventures, il s’agit d’une quête initiatique : celle d’un jeune homme sauvé in extremis du massacre par le sire Shigeru du clan des Otoris.

Prérequis indispensable à se lancer dans Le Clan des Otoris : aimer ce genre littéraire et ne pas être rebuté par le fantastique (quoique l’aspect magie est vraiment bien traité). Moi qui adore ça, j’ai trouvé la sage bien écrite, le rythme soutenu. L’intrigue est bien ficelée quoi que sans surprise majeure. On est dépaysé par les sonorités, le monde des samouraïs, les personnages en présence.

Je rejoins donc plutôt l’avis de Lou tandis que d’autres, comme Lilly et ses livres par exemple, n’a pas aimé.

Note globale : 3/5

2- La Pierre et le Sabre de Yoshikawa Eiji

La Pierre et le Sabre est le titre du premier tome, le second s’intitule La Parfaite Lumière. Le roman est paru initialement sous forme de feuilleton entre 1935 et 1939 dans l’Asahi Shimbun, l’un des quotidiens au plus haut tirage du Japon.

Si cette aventure correspond également à une quête, il s’agit dans ce cas d’une quête intérieure : celle de Miyamoto Musashi, un samouraï qui a réellement existé au XVIIe siècle. Musashi est en quête du détachement ultime, de la maîtrise ultime du sabre, du Zen.

Le roman de Yoshikawa est assez moralisteur. C’est l’apologie d’un ordre immuable, voulu par la nature et les dieux. Moins rythmé et plus intérieur que le Clan des Otoris, c’est un roman probablement plus « authentique », qui permet une plongée davantage vraisemblable dans le monde des samouraïs et le Japon féodal.

Lisez aussi l’avis très positif sur Critiques Libres.

Note globale : 2/5

3- Le Monde Flottant, d’Alan Spence

Un autre type de roman historique, une autre époque : le Japon de la fin du XIXè siècle, les balbutiements de l’ouverture du pays à l’Occident.

En 1858, à vingt ans, Thomas Glover quitte son Ecosse natale pour aller faire le commerce de la soie, du riz, des navires depuis le Japon. On assiste à l’avènement de l’ère Meiji : la disparition des samouraïs, la fin d’un repli sur soi de 250 ans – Sakoku, et l’entrée de plein pied dans l’industrialisation et du commerce avec l’Occident.

Pour autant, ce roman montre bien l’ambiguïté de l’autre : le Japonais, l’Européen, le métis : tous sont étrangers les uns et pour les autres et doivent porter le fardeau de l’alterité à travers le temps.

Pour l’anecdote, le personnage de Glover est celui qui a inspiré l’officier de marine dans Madame Butterfly, la pièce de théâtre ensuite adaptée par Puccini en opéra. L’histoire : l’héroïne japonaise attend le retour d’un officier de marine américain dont elle a eu un fils pour se marier. Pour le plaisir comme disait Herbert, l’air fabuleux d »Un bel di vedremo » sur lequel elle chante son attente :

Sur le livre, vous pouvez consulter également l’avis enthousiaste de Nanagramme.

Note globale : 4/5

4- Geisha, d’Arthur Golden

Alors là, je vous le dis tout de suite : autant j’ai ADORE ce livre, autant j’ai détesté l’ambiance psychologico-interieur du film. Le roman d’Arthur Golden est un bijou de raffinement. J’ai même trouvé que je me représentais mieux les étoffes, les bijoux de cheveux, les senteurs du livre en les imaginant plutôt que dans le clair-obscur perpétuel du film qui ne met pas cette beauté en valeur (à mes yeux du moins).

L’héroïne, Chiyo, a 9 ans au début du roman. Elle est née dans un village de pêcheurs et sa beauté vient de ses yeux bleus. Ses parents, qui sont pauvres, finissent par accepter de l’envoyer dans une école qui la formera pour peut-être devenir geisha (une condition réservée aux plus chanceuses). On suit avec Chiyo, devenue Sayuri, toutes les subtilités de cette culture : la coiffe, l’obi (la ceinture en tissu portée sur les kimonos), l’art de s’éventer avec grâce. L’épreuve pour savoir si elle est prête à entrer dans le monde : faire chavirer un homme dans la rue, rien qu’avec son regard.

Le rythme de l’intrigue vient des amours et des amitiés de Sayuri et de sa lutte pour concilier sa condition de geisha, qui induit une soumission constante à des hommes qu’elle n’aime pas, et son amour véritable.

Authentique travail anthropologique sur les geishas, le roman d’Arthur Golden n’a pas été sans controverses. Inspiré de ses conversations avec une véritable geisha, Mineko Iwasaki, le roman a pourtant déçue ce témoin privilégié (la mise aux enchères soit disant rituelle de la virginité de l’héroïne notamment). Mineko Iwasaki a donc décidé d’écrire sa propre autobiographie, Ma vie de geisha, pour rétablir la vérité sur le mode de vie traditionnel des geisha.

Je vous avoue que je n’ai pas encore lu ce livre, mais je suis preneuse de vos avis si vous l’avez fait !

Note globale : 4/5

5- Stupeur et Tremblements, d’Amélie Nothomb

Comme dans Le Monde Flottant, on retrouve dans Stupeur et Tremblements, bien qu’à une époque complètement différente, l’opposition entre Japon traditionnel et vision occidentale. Ce roman autobiographique d’Amélie Nothomb, publié en 1999, raconte son passage au Japon, où elle a été embauchée comme traductrice. Elle va finir pas descendre les échelons jusqu’à devenir dame-pipi, maltraitée par une chef qu’elle admire pourtant éperdument.

Un très beau roman sur le dépaysement, l’acclimatation à l’étranger…des thèmes qu’on retrouve également dans le film « Lost in Translation » par exemple, et qui rendait l’adapation au cinéma assez probable.

Autre point positif : contrairement aux autres livres cités plus haut, celui-ci est très court et il se lit très vite. Il permet aussi de s’identifier le plus à l’héroïne et de vivre l’attraction-répulsion que peut inspirer la culture traditionnelle et moderne du pays.

Note globale : 3,5/5

6- A Sud de la Frontières, à l’Ouest du Soleil d’Haruki Murakami

Nobélisable pressenti cette année (le prix lui a finalement été ravi par Mario Vargas Llosa), Murakami est un auteur de quêtes personnelles, du chaud-froid : des sentiments bouillants cachés derrière une apparence impassible.

Dans ce cas, le héros retrouve par hasard son amour de jeunesse et retombe fou d’amour pour elle. Il doit donc se débattre entre sa vie d’avant et une vie hypothétique avec elle : faire tout voler en éclats ou bien tenir son rang.

L’histoire d’un combat intérieur, qui serre le coeur mais qu’on ne peut pas complètement intérioriser car on sait trop peu de choses de personnages. En cela, je rejoints l’avis du Journal d’une Lectrice, très juste je trouve.

Note globale : 2,5/5

Si vous avez d’autres livres à me conseiller ou bien d’autres avis, surtout n’hésitez pas !!

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3 commentaires sur “Le Japon en livres

  1. Il faudra que je finisse le clan des Otori un jour, tiens… J’avoue ne pas être « pro »-Arthur Golden ayant commencé immédiatement avec Mineko Iwasaki ^^;.
    Je conseillerais Après le tremblement de Haruki Murakami qui se passe au moment du tremblement de terre de Kobe :).

  2. Merci pour ce tour littéraire du Japon accessible par nous… j’en ai lu une bonne partie mais cette mise en perspective donne encore plus envie de reconduire cette entrée japonisante… et envie de lire Mineko Iwasak.

  3. @Wax : merci pour le conseil, je le lirai !

    @Vanessa : je suis convaincue, je vais définitivement lire Mineko Isawaki 🙂

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