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Robyn Orlin, à côté de ses pompes ?

J’ai continué ma découverte de la danse contemporaine au théâtre de la Ville samedi dernier avec le spectacle de Robyn Orlin au titre à rallonge : « Walking next to our shoes… intoxicated by strawberries and cream, we enter continents without knocking… » . Rien que ça, oui.

Habituée du théâtre de la Ville, la chorégraphe sud-africaine mettait cette fois en scène une compagnie de chanteurs et danseurs de son pays au nom non moins à coucher dehors : les Phuphuma Love Minus. Renversants. N’empêche qu’au final et en un mot, c’était bizarre. Pas mal, mais bizarre.

Epoustouflante de technique, de précision, de grâce, la troupe Phuphuma Love Minus portait le spectacle et lui donnait de l’ampleur. De leurs pas de danse mais aussi de leurs voix et de leurs chants….rien à dire, les plus grands chanteurs pouvaient aller se rhabiller…ou plutôt, remettre leurs chaussures.

Là où le bât blesse (en tout cas, pour moi), c’est dans ce qu’ils chantaient. La première phrase donne le ton : « Oh, je suis une chaussure. » Et la suite est dans la même veine : « Les pieds n’ont pas de nez. Oh, chaussure, protège-moi. » Je me suis alors tournée, légèrement crispée, vers l’ami assis à ma droite pour lui souffler un angoissé « Putain, ça va être long ».

Les mélodies se sont révélées être des mélopées : les trois mêmes phrases étaient répétées à n’en plus finir. Ce qui atténuait la tension du spectacle et finissait par enrober chaque scène d’un coton ouaté. Et pourtant, malgré cet atténuation de l’esprit, Robyn Orlin aborde beaucoup de thèmes dans un spectacle d’1 heure, peut-être même un peu trop.

Premier d’entre eux : l’histoire des travailleurs zoulous du début du XXe siècle, à qui il était interdit de faire du bruit en rentrant après leur travail dans leurs hôtel-dortoirs. Ils communiquaient entre eux en murmurant des chants a cappella. D’où aussi le thème des chaussures.

A cela se rajoutaient une scénette sur la gourmandise, une autre sur le thème du sida, une dernière enfin, sur les réfugiés. Le tout coupé en son milieu par une « coupure pub » qui ne manquait pas d’humour même si voir 10 gars se trimballer avec des plumeaux roses entre les jambes ne m’a pas fait tordre de rire.

Je dois dire qu’il y a quand même eu quelques moments puissants d’émotion, notamment ce solo sur les fraises à la crème, à couper le souffle. Ou encore la scène finale sur les réfugiés lors de laquelle les danseurs disparaissaient au milieu de la foule du théâtre, intégrés au public.

J’ai donc vraiment une impression mitigée de ce spectacle : intéressant, mais difficile d’accès. La salle était également très partagée : un tiers était débout à s’époumoner (peut-être les mêmes que ceux qui sont allés voir Hofesh Schechter ? ;-)), un tiers applaudissait joyeusement, un tiers est resté muet.

L’ennui avec la danse, c’est que les spectacles ne restent que quelques jours à l’affiche : le temps d’y aller et de savoir ce qu’on en a pensé, il est déjà fini. Mais ceux qui souhaiteraient se frotter à miss Orlyn pourront la retrouver début 2011 pour :

Call it… kissed by the sun… better still the revenge of geography…!
Une création de Robyn Orlin pour Ibrahim Sossoko.

  • Le 16 janvier 2010 à l’Espace Michel Simon – Noisy-le-Grand
  • Du 19 au 23 janvier 2010 au Théâtre de la Ville Abbesses – Paris
  • Les 4, 5, 6 février 2010 au TNT, Festival C’est de la danse contemporaine, Toulouse
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