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Les Caprices de Marianne : une expérience de funambule

Les Caprices de MarianneCela faisait longtemps que je voulais aller voir « Les Caprices de Marianne » au théâtre du Lucernaire, mais je n’avais pas réussi à trouver des places avant la trève estivale. Je me suis donc glissée dans la salle nichée sous les combles du théâtre à la rentrée (oui j’ai honte, ça fait déjà plusieurs semaines).

Je pensais que la pièce était de Marivaux : il se trouve que j’ai un Vie de Marianne du sus-dit Marivaux qui traine dans ma bibliothèque depuis des années. La vie, les caprices…une Marianne ne viendrait donc jamais seule  ?

Évidemment, ça n’a rien à voir, mais bon, Musset, Marivaux, ça commence par un M et sur un malentendu… (j’ai d’ailleurs découvert en écrivant ce billet que notre Jean-Claude Duss national a, comme toute star qui se respecte, une page « Fan » sur Facebook avec plus de 196 000 inscrits, mazette, il va vraiment finir par conclure).

Pour en revenir à nos Mariannes, je vous fait le pitch : Marianne est une épouse modèle qui a juré fidélité à son mari et veut respecter son vœu. Il se trouve que c’est un canon et que Cœlio, jeune notable, beau, riche et intelligent, « ver de terre amoureux d’une étoile » comme disait l’autre, se consume littéralement pour elle. Mais elle ne veut rien entendre (la garce). Entre eux : Octave, un gentil « fou » qui vit hors des conventions, se fout de tout et surtout de l’opinion des autres, et va tenter de convaincre Marianne de prendre Cœlio pour amant….

Au-delà de l’intrigue amoureuse dont je ne vais pas vous raconter la fin, non mais oh, l’évolution du personnage de Marianne est très intéressante. Elle passe d’une « coquille vide » à une femme courageuse, qui défend la femme dans des termes surprenament d’actualités – si la femme ne veut pas, c’est une prude frigide, et si elle veut, c’est une pétasse (bon évidemment, pas en ces termes, mais presque).

Seuls petits bémols : on se serait bien passés de certains effets de mise en scène pour le moins bizarres, et d’un Cœlio qui en fait un parfois un peu trop.

Au-delà de ces réserves minimes, je dois dire que ça faisait longtemps que je n’avais pas vu une pièce aussi bien jouée. Je salue particulièrement le trio composé du mari, de son serviteur et surtout d’Octave. Quel jeu ! C’est juste, c’est beau, ça vous transporte. Octave, c’est ce funambule des Illuminations de Rimbaud :

« J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ;
des guirlandes de fenêtre à fenêtre ;
des chaînes d’or d’étoile à étoile,
et je danse. »

Et avec lui, on a un peu le vertige, mais on n’a pas de limites, et c’est tellement beau.

Informations pratiques

Théâtre du Lucernaire

53 rue N D des Champs, 75006 Paris
01 42 22 26 50

Places disponibles : Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi à 21H30 | Dimanche à 15H00.
Tarifs : 34,5 € tarif plein

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