Archive mensuelle pour février 2012.
“Polisse”.. J’espère que vous avez les nerfs accrochés !
Reconstituer et traduire sous forme de film/documentaire (Prix du Jury au Festival de Cannes) le travail de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs) : un sujet très difficile ! Maïwenn y raconte la vie au quotidien des policiers de la BPM : gardes à vue de pédophiles, arrestations de pickpockets mineurs, auditions de parents maltraitants, dépositions des enfants, dérives de la sexualité chez les adolescents, mais aussi la vie d’une équipe qui vit chaque jour cette réalité sordide et navigue entre la violence de la mission et les moyens de chacun d’eux pour tenter de prendre de la distance et se préserver..
Le talent de la (géniale !) réalisatrice Maïwenn est de voir le monde d’un autre point de vue (déjà dans Le Bal des Actrices..), vision à contre-courant qu’elle a, il me semble, pour ambition de transmettre au monde entier. On sent que son intérêt n’est pas de dupliquer ce qui est affiché mais plutôt de visualiser l’envers du décor : ce qui n’est ni vu, ni exprimé de prime abord. Malgré la sensibilité du sujet, l’approche et la lecture en restent crue et claire mais aussi respectueuse.
Je n’avais pas eu la possibilité d’aller le voir au cinéma : je l’ai donc loué sur Orange ce week-end à la suite de la cérémonie des Césars qui l’a récompensé parmi d’autres.
Un casting hors norme de comédiens dont on sent qu’ils ont tout donné. Pour certains, ou plutôt certaines, précédemment plutôt dans un registre comique (mais pas exclusivement), le travail accompli est d’une qualité et d’une véracité incomparable : je pense tout particulièrement à Karin Viard et Marina Foïs (toutes deux nominées dans la catégorie “meilleure actrice” lors de la cérémonie des Césars), mais aussi Karole Rocher (Braquo sur Canal+ ou Scorpion avec Clovis Cornillac), Sandrine Kiberlain, Audrey Lamy, Anthony Delon, Emmanuelle Bercot, Nicolas Duvauchelle, Frédéric Pierrot, Riccardo Scamarcio (magnifique dans Romanzo Criminale sorti en 2007 avec Anna Mouglalis), sans oublier.. Maïwenn, dans le rôle d’un photographe Melissa, mandatée par le ministère de l’intérieur pour réaliser un livre de photos sur cette brigade !
Violence, Humour Tristesse, Désarroi, Détermination.. toute la palette des facettes humaines est relatée ici grâce à la multiplicité et la qualité de ces acteurs qui se concentrent sur l’Etre prioritaire : l’Enfant.
Une mention particulière à JoeyStarr qui nous ouvre, dans son rôle, toute la part “écorchée vive” de l’iceberg. Un acteur d’une profondeur extrême, très loin de l’image trop longtemps véhiculée de “brute épaisse”. Un magnifique don de Maïwenn..
Surtout ne pas passer à côté !
Oh la la ! Je ne peux pas laisser passer ça sans vous en parler ! Quelle rigolade !
Inspiré par le célèbre personnage des sketches de Courteline, Rapétaux – comédien ringard, prétentieux et fier de l’être – l’auteur Bruno Gouery laisse libre cours à ses délires sur les “backstages” de la vie de comédien.. Casting ratés, doublages de voix, tournages de pub, etc. La panoplie des parfaits “acteurs-losers” mais tellement, tellement drôles !!!
Des saynètes écrites et jouées version “cousu-main” : dialogues ciselés, personnages caricaturaux, jeunes comédiens au talent plus que prometteur..
Oxygène garanti pour, mieux, respirer dans la grisaille ambiante !!!
En bref une occasion d’avoir une 1h10 de fous rires à en avoir mal aux côtes !
A l’affiche du 4 octobre 2011
au 25 février 2012
Fiasco
Théâtre Montmartre Galabru
4, rue de l’Armée-d’Orient, 75018 Paris
Plan d’accès
Métro : Blanche (ligne 2) ou Abbesses (ligne 12)
Bus : Montmatrobus arrêt Tourlaque ou 80-95 arrêt Damremont/Caulaincourt
Borne Taxis : rue St Joseph de Maistre
Station Vélib : rue Joseph de Maistre ou rue Lepic
Parking : 9 rue Caulaincourt ou 12 rue Forest Place Clichy
J’ai découvert un petit bijou : une voix de crooner “black” dans un corps de “White sylphide” : un décalage entre la finesse et la féminité d’un corps et la force virile d’une voix !
Apparemment âgée de 30 ans, originaire de Sint-Amandsberg, à la périphérie de Gand, Lady Linn est connue en Belgique depuis le milieu des années 2000. Avec ses musiciens, les Magnificent Seven, elle a d’abord évolué dans une manière de jazz swing des années 1930-1950 avant de faire entendre dans son premier album en 2008 (Here We Go Again) une approche soul et rhythm’n’blues.
Très entraînant son “jazzy” de son nouvel album “No goodbye at all”, légèrement soutenu par un piano (le titre Nina – mon préféré je crois) et des voix pour certains morceaux, version accompagnement des stars des “Sixtie’s” avec Saxo ! Excessivement gai et ludique !!!
Entre “Swing” et “Pop”… une résurrection de Nina Simone ???
Je vous laisse déguster avant sa sortie le 19 mars !

Avec Tana, nous avions convenu de faire un billet croisé sur le Bourgeois Gentilhomme, qui passe en ce moment au Théâtre de la Porte St Martin avec François Morel dans le rôle titre.
Comme Tana, j’ai passé un très bon moment. L’humour de Molière reste d’actualité et François Morel réalise une véritable performance : il est juste dans son obstination aveugle de faire partie des “gens de qualité” et sait bien alerterner pour être touchant de fragilité et horripilant de bêtise.
La mise en scène est assez divertissante, avec un orchestre sur scène et des petits moments de danse. Et quel plaisir de redécouvrir les répliques cultes de Molière, “marquise d’amour vos beaux yeux me vont mourir” et autres combinaisons en rubick’s cube de la phrase. Et bien sûr, le couronnement du Mamushi, toujours un grand moment de théâtre.
Je me suis d’ailleurs rappelé que j’avais vu il y a quelques années une version de cette pièce jouée par Jean-Marie Bigard, que j’avais trouvé extrêmement drôle (comme quoi, même un slip peut être drôle sur du Molière).
Un regret toutefois pour en revenir à nos Descshiens : le jeu de certains acteurs est volontairement appuyé, comme un style “coiffé décoiffé”, on est ici dans le “joué mal joué”. Mais bon, au final ça sonne quand même très faux. Par exemple, le professeur de danse qui prend un faux accent pour parler de “danche”. Effet comique retombé = soufflé râté.
Et enfin, contrairement à Tana, j’ai trouvé la pièce un peu longuette. 3h entracte compris, même Molière ne tient pas dans la durée. Nos estomacs non plus (j’aurais pu bouffer mon siège à la fin de la pièce
).
En résumé : un bon moment, surtout quand on a dîné avant
Infos pratiques :
Du 12 janvier au 27 mai 2012
Du mardi au vendredi à 20h00
Le samedi à 20h30
Le dimanche à 15h00
Durée : 3h00, entracte inclus
Places de 15 – 56€
Voilà ce que dit le site web de la Gaîté lyrique de sa nouvelle expo : “De 8 semaines pour appréhender le futur. Dans 50 ans, la Gaîté lyrique fêtera son bicentenaire. À cette occasion, le lieu vous convie à imaginer le futur aux côtés d’artistes, de bricoleurs, de penseurs et de créateurs au sein d’une capsule spatio-temporelle. Un véritable plongeon dans l’avenir à travers un voyage temporel de 2 mois dans tous les espaces de la Gaîté lyrique.”
Je suis allée au vernissage mardi 31 janvier.. je n’ai vraiment pas été transcendée. Pourtant le titre était vraiment accrocheur :
2062, aller-retour vers le futur
Chacun de nous a l’envie de savoir quel pourrait être son devenir, sa vie, dans une cinquantaine d’années. Cela pourrait exciter nos sens et nourrir notre imaginaire…
Mais cela manque réellement non seulement d’imagination mais encore d’optimisme. C’est au mieux rigolo.. au pire présomptueux.
Tant qu’à faire allez-y avec des enfants : eux ils rigoleront !
Les artistes de l’exposition 2062 :
Pleix
Nodesign
Anne Frémy
David Guez
Damien Chivialle
François Olislaeger
Catherine Contour
Usbek & Rica
RYBN
heeWon LEE
FREAKS freearchitects
Collectif kom.post
Orbe
Jusqu’au dimanche 25 mars à la Gaîté lyrique








