Archive mensuelle pour janvier 2010.

Feuillet issu du Coran Bleu, Tunisie ou Espagne, IXe siècle © Nour Foundation. Courtesy of the Khalili Family Trust
Je sors d’une exposition absolument fabuleuse ! Il faut aimer l’Orient bien entendu..
L’Institut du monde arabe présente toujours des expositions dont la qualité et la rareté des pièces, pour celles que j’ai pu voir, ne m’ont jamais déçue.
Cette fois, l’art islamique est à l’honneur. En surfant sur le site, je me remémore en lisant le laïus de l’exposition que “le vocable «islamique» pourrait faire croire que cet art n’a de finalité que religieuse ; or une large partie de sa production est profane. Il est islamique parce que son vocabulaire est partiellement ancré dans la pensée philosophique de l’Islam qu’a partagé un groupe de nations adhérant à cette foi ; il ne s’agit pas de l’art d’un seul pays ou d’une seule civilisation”.
Nasser David Khalili (persan : ناصر داوود خلیلی), né en 1945 à Isfahan, est un collectionneur d’art iranien assemblant des collections privées d’art islamique, japonais, espagnol, et suédois depuis près de 30 ans. Cette collection d’Art islamique, l’une des plus grandes du monde, comporte plus de 20000 pièces et objets d’art produits dans l’ensemble du monde musulman sur 1400 ans et parcourant tous les champs d’expressions artistiques liés à l’Islam.
Après l’Australie et les Émirats Arabes Unis, l’Institut du monde arabe accueille, pour la première fois en Europe, cette fabuleuse exposition itinérante qui vous plonge dans les “Mille et Une Nuits” : une sélection de 471 pièces – manuscrits, tentures et tapis, céramiques et verres, métaux et orfèvrerie, bijoux et laques, boiseries et pierres dures, miniatures mogholes (dont certaines sont issues d’un manuscrit démembré dans les années 1970 par un collectionneur avide… il y a de quoi être profondément choquée !!!) — témoignent du raffinement de la culture islamique depuis de nombreux siècles et vous emmène au coeur du Moyen-Orient, de l’Inde, etc. à travers trois thématiques :
– «Foi, sagesse et destinée», qui témoigne de la relation entre l’art et le sacré
– «L’atelier des mécènes : califes, émirs, khans et sultans», qui rend compte du développement des arts de cour, lesquels élaborent les modes du paraître et accessoirement servent de modèles à la société civile ;
– «Un univers de formes et de couleurs», qui explore le foisonnement de la création fondé sur une unité esthétique véhiculée par la calligraphie au cœur des textes sacrés, ornant objets et monuments et reproduisant à l’infini des motifs ornementaux, géométriques ou floraux : l’arabesque et les entrelacs…
J’en suis sortie nourrie d’un peu plus de raffinement…
INFORMATIONS PRATIQUES
ACCES
Métro : Jussieu, Cardinal-Lemoine, Sully-Morland
Bus : 24, 63, 67, 86, 87, 89
Accès handicapés facilité
Parking : Maubert-Saint-Germain
39, bd Saint-Germain, 75005 Paris
HORAIRES
Mardi, mercredi et vendredi de 10h à 18h
Jeudi de 10h à 22h
Week-end et jours fériés de 10h à 20h.
Entrée côté quai (par la faille)
http://www.imarabe.org/temp/expo.html
TARIFS
Droit d’entrée :
10,50 € (plein), 8,50 € (réduit*), 6,50 € (- 26 ans)
Gratuit pour les moins de 26 ans, ressortissants de l’Union européenne et pour tous le 1er dimanche de chaque mois
Accès gratuit avec le billet d’entrée du musée du Louvre le même jour.
Musée Eugène-Delacroix
6 rue de Furstenberg 75006 Paris
Métro Saint Germain (ligne 4), Mabillon (ligne 10)
Un premier album… un son électrorock… Le quatuor anglais Delphic sort Acolyte…
Un son rythmé… immatériel… synthés… voix pop… rythmiques complexes … mais touch rock par la forte présence de guitares et une vraie batterie. Un univers dansant dans lequel j’ai immédiatement plongé…
D’ailleurs, la couv’ de l’album fait chuter des corps qui semblent s’enfoncer dans une profondeur aquatique abyssale… emprunte d’oxygène…
Respirez…
Les vidéos de l’album sur Youtube ne fonctionnent pas ! Ça m’a énervée d’ailleurs !!! Bravo la promo du label !!!
Je vous donne lien et espère que vous aurez plus de chance que moi !!!!
http://www.google.fr/search?hl=fr&q=delphic+acolyte+youtube&btnG=Rechercher&meta=&aq=f&oq=
Rectification en date du 1er février : les vidéos fonctionnent enfin !
C’est dans une roulotte du fin fond du 18è arrondissement que j’ai vécu l’une de mes plus belles émotions de ces derniers temps. Je ne parle pas de l’année – ce serait tricher – mais vraiment, depuis longtemps.
“A love supreme”, c’est la mise en musique de Coltrane par Coltrane. Ou plutôt, l’interprétation contée d’une nouvelle sur le jazzman entrecoupée de morceaux de musique live. Et dès les premières minutes, c’est là : on est dans le New York des années 60, dans un bar sombre et enfumé, à boire du whisky en écoutant un musicien encore inconnu joué du jazz, son jazz.
Je ne peux pas commencer ce premier billet de l’année sans vous souhaiter une excellente année, qui j’espère vous apportera tout ce que vous souhaitez. Ces dernières semaines, je suis rentrée de vacances pour repartir immédiatement en orbite professionnel, avec un rythme de travail qui ne m’a laissé aucun répit pour ne serait-ce que penser à aller voir une expo. Heureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, et je peux enfin retrouver un semblant de vie privée pour constituer un semblant de planning digne de ce nom.
Le programme de ce qui m’attend – et vous par la même occasion – pour ce qu’il reste du mois de janvier :
Ce soir, A love Supreme, In Memorian John Coltrane au théâtre du Grand Parquet, où un conteur déclame “A love Supreme”, texte du congolais Emmanuel Dongala, mis en musique sur du jazz de John Coltrane.
Les 39 marches au théâtre de la Bruyère, adaptation théâtrale d’un texte d’Hitchcock mise en scène par Eric Métayer.
Métronome de la chorale Cinq de Choeur avec ma pote Elise à qui j’ai promis un big up spécial, qui visiblement mêle chant et humour (mais vous savez que je n’aime pas trop en savoir sur les spectacles avant pour garder la surprise.
Je l’aimais, avec Irène Jacob et Gérard Darmon au théâtre de l’Atelier. J’avais adoré le bouquin d’Anna Gavalda sur le coup, mais je vous en avoue que quelques années après, je n’en ai aucun souvenir sauf qu’il s’agit d’une discussion entre une femme qui vient de se séparer de son mec, et son (ex)beau-père. J’attends donc si Darmon pourra jouer de sa voix grave et suave pour me vendre du rêve.
En dernier, de manière un peu différente, mais c’est une expérience que j’aimerais vous raconter, je vais aller au resto Dans le noir, où l’on dîne en aveugle complet.
Voilà qui rattrapera pour mon silence de ces dernières semaines !
J’aime l’Elégance, c’est une certitude.. pour clore une semaine très intense, mon amie Caro, qui connaît mes goûts, me conseille d’aller voir le film Bright Star : elle connait mon faible pour l’élégance britannique… par ailleurs, j’ai quelques lacunes en matière de poésie britannique Romantique.
Dernier film de Jane Campion, réalisatrice unique du chef d’œuvre La leçon de piano… dont nous étions un certain nombre à attendre le prochain opus…
Le Romantisme a ceci d’unique que chaque ressenti et sentiment est exacerbé à l’extrême.. ce film le narre… avec quelques longueurs malgré tout (le rythme de la vie bourgeoise du XIXème siècle est loin de s’apparenter au rythme effréné du XXIème siècle…), mais cette œuvre réunit l’élégance, la justesse de ton et de posture, l’authenticité des jeux d’acteurs (tous de parfaits inconnus à mes yeux), le tout dans un environnement bucolique de cottage anglais…
Synopsis : Londres, 1818. Un jeune poète anglais de 23 ans, John Keats, et sa voisine Fanny Brawne entament une liaison (platonique) amoureuse secrète. Emportés par l’intensité de leurs sentiments, les deux amoureux découvrent les sensations, sentiments et douleurs de la passion amoureuse … jusqu’à ce que l’irrémédiable se produise… (je vous laisse le découvrir..).
http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Keats : (…) John Keats, poète romantique anglais, né le 31 octobre 1795 à Finsbury Pavement, près de Londres, mort à Rome de la tuberculose le 24 février 1821 est un des poètes les plus importants de sa génération… (…) Chantre de la nature sauvage synonyme de liberté et de pureté (Ode to Autumn - Ode to a Nightingale) et revendiquant la primauté de la sensation (Ode on Melancholy), John Keats est aujourd’hui considéré comme un des poètes emblématiques du romantisme anglais. Il s’est attaché aussi à d’autres thèmes romantiques comme la solitude (Hymn to Solitude), le goût pour le Moyen-âge (Isabella - La Belle Dame sans Merci) et pour le folklore (The Eve of St Agnes) tout en conservant l’attachement aux mythes classiques (Lamia - Hyperion) 2. Il doit également une grande part de son inspiration à des poètes comme Spenser, Shakespeare, Milton, et Dryden.
Pour beaucoup de commentateurs de son œuvre, les textes les plus achevés de John Keats sont ses odes, toutes écrites en 1819 3 et qui restent parmi les plus connus des poèmes de la littérature anglaise
(…) Sa vie et son œuvre ont inspiré la trame des romans de l’auteur de science-fiction Dan Simmons, notamment dans les cycles Hypérion et Endymion, ainsi que certains passages du concept-album The Lamb Lies Down on Broadway du groupe de musique anglais Genesis.
Bright Star, le film de Jane Campion sélectionné pour le Festival de Cannes 2009, met en scène le poète au moment de sa rencontre avec Fanny Brawne, qui avait déjà inspiré à Rudyard Kipling sa nouvelle Sans fil (1902)
Petit conseil : c’est plutôt un “film de fille” : les filles, je vous déconseille fortement d’y traîner votre “mec” : c’est la crise conjugale assurée “post-projection”…
J’ai quand-même aimé… particulièrement le pur style anglais : langue et accent si mélodieux à l’oreille..
Un petit extrait pour… soit vous donner l’eau à la bouche… soit vous dissuader de vous déplacer…
Dans le cadre d’une “Visite-éclair” à Marseille pour le boulot, j’en ai profité pour faire un petit tour rapide pour Nous (Vous, Chacha et moi).
J’ai eu le temps de faire un petit parcours : La Vieille Ville avec la Vieille Charité (ancien Hospice transformé en musée), l’imposante et majestueuse Cathédrale et enfin le Vieux-Port… parcours magnifié par un soleil scintillant se reflétant dans la mer… en bref des conditions optimales !
La Vieille Charité en impose par sa chapelle centrale encerclée par un ensemble de bâtiments en rectangle, comme un écrin.
Voici ce qu’en dit le site http://www.vieille-charite-marseille.org/#histoire (je ne veux pas altérer l’histoire du lieu et préfère vous renvoyer sur le site) :
C’est en 1640, suite à l’édit royal sur “l’enfermement des pauvres et des mendiants”, que la Ville de Marseille, propriétaire d’un terrain situé près de la cathédrale de la Major sur le versant nord de la butte des moulins, décide de la construction de la Vieille Charité pour y accueillir les gueux. Mais le projet piétine et c’est seulement en 1670 que Pierre Puget, architecte du Roi et enfant du quartier, entame une de ses plus grandes réalisations.
L’ensemble architectural surprend par sa parfaite unité de style et sa cohésion fonctionnelle. Construit en pierre rose et blanche de la carrière de la Couronne (petite localité au nord de Marseille), l’ensemble de la Vieille Charité se compose de quatre ailes de bâtiment fermées sur l’extérieur et ouvertes sur une cour rectangulaire par des galeries sur trois niveaux qui rythment élégamment la vie à l’intérieur de l’édifice au centre de la cour, une chapelle à coupole ovale dans le meilleur goût baroque.
On remarquera l’allure classique du fronton, dans le style Second Empire, qui reprend le thème de la Charité accueillant les enfants indigents, entourés par deux pélicans qui les nourrissent. Pendant plus d’un siècle, la Charité reçoit les gueux de la ville. Puis, après la révolution et jusqu’à la fin du XIXe siècle, la Charité sera un hospice réservé aux enfants et aux vieillards. En 1905, le bâtiment est occupé par l’armée et servira plus tard de logement social. Au début des années 40, Le Corbusier remarque l’édifice et dénonce son état d’abandon. C’est en 1961 que la Ville de Marseille décide de la restauration de ce monument qui s’achèvera en 1986.
Aujourd’hui le Centre de la Vieille Charité abrite de nombreuses structures culturelle. telles que le centre international de poésie Marseille (cipM), plusieurs musées municipaux (consacrés à l’archéologie méditerranéenne, aux arts africains, océaniens, et amérindiens), une salle de cinéma d’arts et essais (Le Miroir), un librairie (Regards), l’Institut National de l’Audiovisuel (INA), l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), le Centre National de Recherche Scientifique (CNRS), la Direction des musées de Marseille, et un bar-restaurant (Le Charité Café).
En ce qui me concerne, j’ai particulièrement aimé la collection d’Arts Primitifs située au 2ème étage : Statuaire Fang, masques et figurines du Mexique, etc.. on se trouve plongé dans les croyances et l’histoire primitive de l’Humanité… je me serais bien téléportée dans ces différentes contrées lointaines..
J’ai ensuite traversé Le Panier — le plus ancien quartier de Marseille, autre nom de la vieille ville, quartier originel des vagues successives d’immigration, des grecs aux comoriens, le Panier a fait le tour du monde — pour atteindre la Cathédrale en majesté.
EXTRAORDINAIRE ! La cathédrale de la Major ou basilique de Sainte-Marie-Majeure (la Major) qui évoque l’Orient par son style romano-byzantin, est la Cathédrale de Marseille. Elle se dresse sur une esplanade entre le Vieux-Port et le « nouveau » port de commerce, à proximité du quartier de la Joliette et du Fort Saint-Jean. Son architecture et sa décoration intérieure, en marbre et porphyre, lui donne un aspect particulier pour un édifice religieux. Elle est érigée en basilique mineure par Léon XIII le 24 janvier 1896.
J’ai ensuite déjeuné sur le Vieux-Port toujours en plein soleil (on y mange très bien) avant de reprendre mon train… Un régal !
Voilà donc comment joindre l’Utile à l’Agréable en 2 heures !
Avant toute chose, je souhaite à nos chères lectrices et nos chers lecteurs une EXCELLENTE ANNEE 2010 !
Pendant cette magique période de Noël, j’ai toujours envie de faire des choses un peu différentes.. Après de magnifiques et douces vacances dans le Sud-Ouest où j’ai pu totalement déconnecter, j’avais envie d’une reprise toujours en douceur..
Avec mon amie Carole de passage à Paris, nous avons donc décidé de (re) visiter le Musée Bourdelle. Pour celles et ceux qui n’ont pas encore eu la chance de découvrir car il est peu connu du grand public, Antoine Bourdelle (1861-1929) a été le maître de Giacometti, de Germaine Richier, artistes sculpteurs emblématiques du XXème siècle.
Pourquoi présenter une exposition sur une danseuse telle qu’Isadora Duncan ?
Je n’ai pas immédiatement vu le lien qui pourtant pouvait paraître évident : la danse est une “sculpture vivante du corps” et Isadora Duncan, femme et danseuse d’exception, méritait d’être mieux connue — cette présentation par le Musée Bourdelle étant légitime car Isadora Duncan fut l’une des sources d’inspiration du sculpteur Antoine Boudelle.
Le musée a rassemblé quelques 35 sculptures, 25 peintures, 150 dessins, 100 photographies, 5 pièces de costumes ainsi qu’une cinquantaine de documents divers (ouvrages, affiches, programmes, manuscrits, extraits de films appartenant à des collections privées ou à des institutions françaises et étrangères…) autour de cette femme pionnière et atypique.
“La danseuse aux pieds nus”, comme l’on se plaisait à appeler, eut une vie fascinante et fit évoluer la Danse : “L’ondulation me semble être le mouvement fondamental de la nature”, clamait celle qui voulait ouvrir des écoles de danse comme autant d’écoles de vie. Elle eut une fin tragique, et tellement romanesque – à 50 ans seulement, étranglée par son écharpe prise dans les roues de sa décapotable.
On connaît peut-être moins sa vie et sa carrière foisonnantes : femme libre, figure pionnière de la danse moderne, inspiratrice et muse des plus grands, de Rodin à Jules Grandjean, de Matisse à Bourdelle, qu’elle rencontra en 1903.
En tous cas, féministe ou pas, cette exposition vous enchantera par la magie de sa simplicité, dans un cadre intimiste : les jardins et les ateliers où Antoine Bourdelle a vécu et travaillé, ont été transformés en musée (l’extension réalisée en 1992 par Christian de Portzamparc donne toute sa dimension à l’œuvre du sculpteur) abritant un ensemble exceptionnel de plâtres, de bronzes et de marbres de celui qui fut le praticien de Rodin.
Vous avez jusqu’au 14 mars 2010 pour la découvrir… alors bonne visite !
Musée Bourdelle
18, rue Antoine Bourdelle
75015 Paris
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