Archive mensuelle pour octobre 2009.
Si vous êtes une fille (pardonnez cet aparté Messieurs..), vous savez à quel point le “Brainsto(rming) de copines” est un élément incontournable de la vie d’une fille ! (en général ces messieurs ont du mal à comprendre ce que l’on peut se dire … et le temps que prennent ces moments là… mais ceci est un autre débat.. non évoqué ici….
Je disais donc “Brainsto de fille” : avec mon amie Caro c’est ce que nous avons fait aujourd’hui.
Quel en a été l’objet ? Après une rapide revue de presse perso, nous avons abordé comme à notre habitude nos “coups de coeur sorties” de la semaine passée. Je lui ai d’ailleurs dit que j’avais volontairement omis de vous parler d’une jolie expérience cinéphile, datant de la semaine dernière, car le film datait un peu….
En effet, un ami cinéphile m’a invitée à intégrer son groupe de cinémaniaques : il organise chaque mois des projections grand écran (sur son mur dénudé) “at home”. Etant donné que les films sont des “coups de coeur” évidemment souvent peu récents, je me suis dit, à tort, que je n’en parlerais pas sur ArtyficiElles..
Et c’est là que le “brainsto copine” prend tout son sens ! Caro me dit : “Pourquoi tu ne créerais pas la rubrique “Personne n’en parle !” ?
Evidemment ! Maintenant que tu le dis ma Caro, Chacha et moi avons conçu et voulu ce blog totalement libre (ma Chacha.. je parle sous ton contrôle) : pourquoi serait-il donc contraint par l’actualité récente ? !!
Eh bien non effectivement : certains “classiques” ou “coups de coeur” passés méritent d’être, si ce n’est ressuscités, tout au moins partagés.
C’est la raison pour laquelle, j’ai une profonde envie de vous parler de ce film magnifique que m’a fait découvrir (la semaine dernière donc) cet ami cinéphile qui se reconnaîtra.. : ” Head-On” !
“Head-On”, film de Fatih Akin : qu’est-ce que c’est ? 
Une magnifique histoire d’amour sur fond de communauté turque, d’univers de toxicomanie, d’évolution de la Femme, le tout en Allemagne.
Avec ça, vous êtes servis : vous n’y comprenez rien ? jusque-là c’est normal…
Il faut juste savoir que l’on sera retourné, choqué, broyé, surpris, ému, etc… par une alternance de violence, de destruction voire même de déchéance, de pureté de sentiments, de résurrection, d’humour, de tristesse, de désespoir, d’abnégation, de sacrifices : en bref un CONCENTRE DE VIE … C’EST ABSOLUMENT MAGISTRAL !!!! (je vous préviens : vous sortez de la projection, vous êtes épuisée d’avoir autant ressenti.. mais heureuse.
Le tout avec des acteurs qui m’étaient inconnus et sacré Lion d’Or au Festival de Berlin en 2004.
Comme dirait Caro : “un des films inscrits dans ma “top liste” à emporter sur une île déserte !”
Je ne vous en dirai pas plus et vous laisse découvrir la bande-annonce…
Hier soir, j’ai emmené mon amie Audinette au concert de Nouvelle Vague à l’Olympia pour son anniversaire. Je m’attendais à un concert à la cool, jazzy, genre assises dans un lounge avec un verre de martini triangulaire négligemment tenu par la main droite. Et bien, que nenni mes amis, ça a carrément swingué et franchement, ça n’est pas pour vous dégoûter, mais c’était GENIAL !

Mes pieds à la FIAC 2009 !
La FIAC a priori (je dis bien a priori) est une foire qui à mes yeux n’a rien d’extraordinaire. Reflet d’un monde consanguin : galeristes, institutions, artistes, etc.. qui restent entre eux sans sortir de leur petit périmètre intellectuel élitiste : tout ce que j’exècre !!! Bon c’est vrai, j’ai travaillé dans ce milieu et j’ai parcouru cette foire maintes et maintes fois. Je vous avoue qu’au prime abord ce matin au réveil… avec la pluie… j’étais extrêmement peu motivée.. Mais nous avions rendez-vous avec mon amie Elisa.. alors j’ai rassemblé MON COURAGE … ET MES PIEDS à 12 MAINS et me voilà partie…
A l’entrée avec Elisa, nous parlons d’Artyficielles et là une idée me vient : pour rendre la visite vraiment ludique, je serai votre “Reporter” à la FIAC et à ART ELYSEES !
Vous n’avez pas le temps d’y aller : j’écumerai donc ces 2 foires pour vous avec elle.
Pas simple de parcourir toute la FIAC car elle s’étend sur plusieurs lieux : le Grand Palais, les Tuileries, la Cour Carrée du Louvre, Le Louvre… vu l’étendue du parcours … au moins 1 jour plein est nécessaire…

La nef du Grand Palais © FIAC 2009
Un démarrage (mou…) dans la magnifique nef du Grand Palais avec des galeries très convenues du type Yvon Lambert, Lœvenbruck, Emmanuel Perrotin… et j’en passe…. très bonnes galeries mais souvent présentant, tous les ans, les mêmes artistes adulés par les institutions. Tout cela n’a rien de très créatif, c’est TOUJOURS la même chose.. Ça c’est la vision globale négative d’accord. Mais tout de même, il y a certains artistes que j’aimerai toujours voir et revoir.. je ne vous parlerai donc que de ceux-là.
Voici les quelques perles : des Nanas de Niki de Saint Phalle, des sculptures de Tony Cragg, sculpteur anglais qui façonne la matière en vagues cumulées, ondulantes et abondantes…

Une Nana de Niki de Saint Phalle © Niki de Saint Phalle, ADAGP - © FIAC 2009
Une nature morte à la Galerie Jérôme de Noirmont, haute en couleurs,

Valérie Belin, Sans Titre, Galerie Jérôme de Noirmont © ADAGP Paris 2009 - © FIAC 2009
un SUBLIME Nicolas de Staël, Figure à cheval, une huile sur toile de 1954 qui m’a totalement scotchée (je suis dingue de chevaux). Je connaissais ses footballeurs, ses paysages mais n’imaginait en aucun cas qu’il ait pu peindre des chevaux.

Nicolas de Staël (1914 Saint-Pétersbourg - 1955, Antibes), Figure à cheval, 1954, huile sur toile, 73x100 cm, Galerie Jeanne-Bucher/Jaeger Bucher © ADAGP Paris 2009 - © FIAC 2009
Pour ne pas “foirer cette foire” qu’est la FIAC” (mauvais jeu de mot.. j’en conviens), il faut être très organisée. Depuis toujours, j’ai 1 technique : aller de l’extérieur vers l’intérieur. Vous faites d’abord tout le tour puis ensuite les allées intérieures : cela minimise les risques de “louper” la pièce rare.
Le quadrillage fini, nous attaquons les “hauteurs” : certaines galeries sont présentées en hauteur ce qui permet d’avoir une vue plus étendue de l’immensité de cette nef..
Et là, découverte de ce que j’ai appelé la “Poubelle Zen” : d’abord elle est orange ! c’est tout de même plus gai que cet immonde vert des poubelles parisiennes. Ensuite elle se déforme pour faire apparaître un personnage en position “Yoga” (cf image ci-dessous). Evidemment pour la ranger, c’est pas carré et donc pas pratique…

Recycle (Blokhin, Kuznetsov), Container N°1, 2009, Plastic Fiberglass, mixed Media, 110x80x100 cm, M&J Guelman Gallery © FIAC 2009
Ce petit périple nous prend quand-même plus d’une heure. Après une courte pause “Café/Coca Light”, nous décidons de ne pas flancher et nous nous dirigeons avec ardeur vers ART ELYSEES (22 au 26 octobre 2009) : un certain nombre de galeries sous des tentes le long des “Champs” pour la 3ème année consécutive… et là c’est la “foire de l’éclate” !!
Que vois-je ? Un bouledogue français taggé appelé Doggy John…….
un sublime mannequin en argent avec un slip D&G…….
un Dog Vador, (et oui Star Wars a aussi une version canine ! On aura tout vu)…
ou bien la version Urban Dog Killer bleu turquoise !

- Michel Soubeyrand, Dog Vador 2/3 © ADAGP – © ART ELYSEES 2009

- Michel Soubeyrand, Urban Dog Killer, 2/8 © ADAGP – © ART ELYSEES 2009


Sculpture de Tony Cragg © ADAGP - © FIAC 2009

Julien Marinetti, Doggy John, "JM is Crying", bronze peint laqué, copyright Ecoliane (c) 2009 Julien-Marinetti.com - Tous droits réservés - Doggy John - © ART ELYSEES 2009
c’est fou rire sur fou rire..
A la fin j’ai des hallucinations et voit des éléphants roses… et même Top Gun après un crash (il n’est pas très en forme le crâne avec les pseudos Rayban !). Puis, apparaît Spiderman, au bout du rouleau, en position foetale dans son placenta en verre…


Enfin, la nouvelle version de la Vénus de Botticelli “Caliméro” dans une coquille à la place de la conque…

Et voilà… vous avez un aperçu de mes pérégrinations avec Elisa… Je suis épuisée et pars donc me reposer avec mon “silver” mannequin
Informations pratiques :
FIAC 2009 : Grand Palais et Louvre – 22-25 OCTOBRE 2009
ART ELYSEES 2009 : Champs-Elysées – 22-26 OCTOBRE 2009
Je ne sais pas ce que j’ai en ce moment, mais j’ai une boulimie d’activités culturelles en tous genres !
Hier le Musée d’Orsay, aujourd’hui la Comédie-Française, demain… j’en sais rien !
La chance veut que tout ce que je vais voir en ce moment me plaît… heureusement me direz-vous car en ces temps difficiles, ça aide à garder le sourire aux lèvres et le sens de l’humour !
En général, le théâtre, j’aime moins que le cinéma. Pourquoi ? On est mal assis, il fait chaud, les comédiens ne sont pas toujours bons… bon d’accord, je caricature et exagère il est vrai… et surtout ce soir je vous mens totalement car je me suis “éclatée” !
La Grande Magie est une pièce de Eduardo De Filippo (je ne connaissais ni l’auteur ni la pièce), mise en scène de façon magistrale par Dan Jemmet (pas plus connu de mon cerveau), metteur en scène anglais vivant en France.
L’histoire : Dans une station balnéaire où tout le monde s’ennuie, au cours d’un spectacle un peu minable, Otto Marvuglia, un magicien sur le retour, fait disparaître la femme de Calogero di Spelta, laquelle profite de ce stratagème pour s’enfuir avec son amant. Comble de l’humiliation, Marvuglia fait croire au mari cocu, devant tout le monde, que sa femme est désormais enfermée dans une petite boîte. Mais La Grande Magie n’est pas une comédie comme les autres ; en décidant d’accepter la suggestion parfaitement insensée de l’illusionniste, di Spelta va livrer un combat contre l’inévitable déchéance de son existence. Non, sa femme ne l’a pas trompé. Oui, elle est enfermée dans une boîte. Tout l’ordre du monde peut alors s’inverser, et notre antihéros accéder à la vérité et à la complexité de son être.
L’auteur : Eduardo De Filippo, fils naturel de l’acteur comique napolitain Eduardo Scarpetta, est né le 24 mai 1900 à Naples. Il est, avec Dario Fo, l’acteur-auteur le plus célèbre de l’Italie de l’après-guerre. Il débute à quatre ans dans la troupe de son père. Jeune comédien napolitain, il n’a que 20 ans lorsqu’il rencontre Luigi Pirandello. Devenu lui-même dramaturge, il suivra les traces du grand maître de l’illusion et des faux-semblants. En 1931, il fonde avec son frère Peppino et sa soeur Titina, la Compagnia del Teatro Umoristico i De Filippo, où il met en scène, entre autres, ses propres pièces (dont L’Abito nuovo, fruit d’une collaboration avec Luigi Pirandello). Il écrit La Grande Magie en 1948 et la crée l’année suivante. Acteur au cinéma, à la télévision, à la radio, auteur de poésies, d’articles, d’essais, son activité est débordante. Proche de la gauche politique, il est l’un des monuments du théâtre italien. Il meurt à Rome en 1984.
La pièce met un peu de temps à vraiment démarrer … on ne sait pas où l’on va. Je n’avais tout d’abord pas compris en lisant le programme l’histoire du magicien et de la boîte… et puis tout d’un coup : les personnages prennent vie : ça part dans tous les sens, ça gigote, ça danse, ça fait des tours de passe passe..
Un pièce italienne mise en scène par un anglais vivant en France… impossible de ne pas se déplacer. Le mélange de la comédie italienne avec l’humour anglais, ça donne un Denis Podalydès en pyjama hystérique, courant partout… les cheveux (ou ce qui lui en reste…) dressés sur la tête !!! et une Tana hilare dans le public au rire tonitruant !
Ce comédien a une palette de jeu absolument hallucinante et peut vous jouer : l’Hystérie, la Gravité, L’Emotion, etc. : tout ceci en l’espace de 5 minutes. Il “habite” ses personnages” : on tombe amoureuse de cette palette d’émotions d’homme qui vous décoiffe. La troupe n’est en aucun cas en reste avec en tête Hervé Pierre : le jeu de tous les comédiens est d’une rare qualité, dans des costumes des années 1950 au charme désuet mais élégant, dans une mise en scène très originale et surtout hilarante qui permet d’appréhender avec légèreté la gravité, la souffrance et la cruauté de la vie et du temps qui passe..
Pas toujours… mais souvent, à la Comédie-Française, traînée depuis mon enfance, je me suis ennuyée. Mais là je peux vous dire que ce monument du Théâtre français se trouve considérablement dépoussiéré ! C’était génial !

James Ensor (1860-1949) La Mort et les masques 1897 Huile sur toile Liège, musée d'Art moderne et d'Art contemporain de la Ville © ADAGP, Paris - photo MAMAC Liège
J’avais une invitation pour aller au vernissage de la rétrospective Ensor au Musée d’Orsay (j’y étais déjà la semaine dernière pour la projection Gaumont.. vous vous souvenez ?). J’y vais toutes les semaines maintenant ! Je ne m’en lasse pas : la nef de la Gare avec sa perspective et sa statuaire : j’adore ! je pourrais y rester des heures..
Bon bref, ce n’est pas le propos : mon propos est de vous parler des deux expositions (sans aucun lien) présentées hier. C’était pratique avec le carton de l’une, il était possible de voir l’autre donc une pierre – deux coups ..
Dans l’ordre chronologique de visite, j’ai commencé par Ensor. Un peu inquiète je vous l’avoue, car même si je connaissais déjà un peu le travail de cet artiste, le carton d’invitation avec les deux squelettes conversant m’angoissait quelque peu.. : il faut quand-même avoir envie et surtout ne pas être déprimé !!
En fait, j’ai été assez stupéfaite de la diversité des sujets : scènes d’intérieures, paysages, scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament, masques, natures mortes (la nature morte à la Raie est géniale!), squelettes, autoportraits de l’artiste …et encore j’en passe… il y en a pour tous les goûts !
James Ensor est né dans une famille de la petite-bourgeoisie d’Ostende en 1949 ; Figure originale il domina la peinture belge de son époque. Il commença à peindre sous l’influence de Manet et Degas et des symbolistes de l’époque. Son père, un ingénieur anglais, sombre dans l’alcoolisme. Sa mère, de souche flamande, tient un magasin de souvenirs, coquillages et masques de carnaval. Les heures passées près d’elle, dans un décor coloré et fantastique, influencent son inspiration. Ensor est avant tout un dessinateur de génie avec un trait d’une telle finesse et un humour grinçant jusque dans les moindres détails. Mais sa peinture n’est pas en reste : l’univers céleste/terrestre, onirique ou bien fantastique vous transporte du rêve au cauchemar, dans des paysages tourmentés à la manière du peintre Turner !
Une matière riche recouvre la toile avec une pâte apparente qui n’a qu’un but : faire jaillir la couleur et la lumière dans l’oeuvre.
Adam et Eve chassés du Paradis terrestre (1887) en est un bel exemple…
J’en ai encore des frissons dans le dos !
Pas fatiguée pour deux sous, j’ai enchaîné dans la foulée avec l’Art Nouveau Revival.

Pour mémoire, je viens donc de sortir d’un univers de “cauchemar” pour entrer dans un monde totalement “psychédélique”. Je m’explique : cette exposition montre la grande influence que l’Art Nouveau a pu avoir sur un certain nombre de courants du XXème siècle. Tellement évident que je n’avais jamais fait le rapprochement : les courbes et les contre-courbes végétales de l’Art Nouveau sont semblables aux courbes “psyché” des années 1960.
L’Art Nouveau a quelque peu ressuscité au cours des années 1960 en particulier au sen de la création contemporaine (design et graphisme). Les origines de ce renouveau sont multiples : hommages des surréalistes dans les années 1930, concours Organic Design in Home Furnishings organisé par le MoMA en 1940 ou grandes expositions montées à New York (Art Nouveau. Art and design at the Turn of the Century, MoMA, 1959) et Paris (Les sources du XXe siècle, musée national d’art moderne, 1960).

La démarche était de confronter créations Art Nouveau et créations des années 1950-1970 afin de mettre en avant les influences qui s’expriment dans des domaines aussi variés, et parfois inattendus, que l’ameublement, la mode, la publicité, le cinéma ou encore l’esthétique psychédélique.
Cette exposition m’a fait beaucoup rire (tant mieux en ce moment je ne ris pas suffisamment !) : il y a quand-même deux tables basse version “SM” (Sado Maso) dont une femme (mannequin en résine ou celluloïd) à quatre pattes avec tout l’attirail en vinyle qui va bien.. je vous laisse imaginer… la scène tout ceci entre deux meubles Art Nouveau – eux en revanche tout à fait “Tradi” ! - (le public n’avait pas le droit de prendre des photos… dommage, je ne peux donc pas vous montrer.. il faut y aller).
Autre objet inattendu : les “Toilettes Mouche” des Lalanne (Claude et François-Xavier Lalanne font partie de la grande lignée des couples artistes du XXe siècle au même titre que les Delaunay, les Tinguely – Saint Phalle. Elle, travaille sur le registre baroque et tout en sinuosités des végétaux entremêlés pendant que lui, explore un bestiaire aux formes épurées : une œuvre majeure entre le design et l’art) : imaginez une cuvette de toilettes avec des ailes de mouches prolongeant l’orifice : j’étais sciée !
Orsay, je n’ai plus aucun doute, se dépoussière !
Toujours à la recherche de perles à vous faire partager : ma trouvaille du dimanche soir : Amy Belle et son dernier album Lost In The Shortcut ! Canon !
Chantant dans les rues de Glasgow, Amy Belle (22 ans) est repérée par un ami de Rod Stewart qui l’a fait monter sur scène au Royal Albert Hall de Londres dans son spectacle “One Night Only”, en octobre 2004, où elle a chanté “I Don’t Want To Talk About It», qui a été vu par des millions sur la TV (et DVD) à travers le monde.
Elle a apparemment pas mal “ramé” avant cet album (5 ans ont passé..) qu’elle a écrit avec une variété d’auteurs-compositeurs, dont Eg White et ce premier album met en vedette certains des meilleurs d’entre eux.
Je sors à peine complètement retournée du film Mademoiselle Chambon de Stéphane Brizé qui adapte avec Florence Vignon un roman de Eric Holder.
Synopsis : Mademoiselle Chambon (Sandrine Kimberlain), institutrice et musicienne a dans sa classe Jérémie fils d’un maçon Jean (Vincent Lindon) marié à Aure Atika qu’il aime. De cette rencontre, celle de deux êtres et de deux mondes (un scénario somme toute très banal) naît progressivement un amour dont la profondeur s’exprime crescendo tout au long du film : une sorte de version française de La route de Madison comme il a été écrit.
En découvrant la bande annonce il y a quelques temps, j’étais curieuse de voir comment, après avoir aimé et été unis dans la vie, l’on peut jouer, après une séparation, un amour naissant et impossible …
La prestation de ces deux acteurs est époustouflante : peu de mots, gestes tout en retenue, expressions imperceptibles et pourtant justes et poignantes. Le lien entre Sandrine Kimberlain et Vincent Lindon (comme l’on sait ex couple à la ville mais déjà séparé au moment du tournage), s’exprime de manière tellement forte que j’en ai eu le souffle coupé. La douleur que l’on sent chez les acteurs nourrit l’amour naissant des personnages. L’épouse de Jean le maçon (jouée par Aure Atika) m’a tout autant émue : cette femme qui tout d’abord ne comprend pas le changement d’attitude et la sensibilité à fleur de peau de son époux luttant pour étouffer ce sentiment violent qui le submerge, finit par voir l’évidence muette et presque résignée.
Un scénario économe de texte et minimaliste, un film où tout repose sur les silences, la pureté des visages et des émotions de ces trois acteurs magnifiques et la beauté de l’image et du son. Bouleversant..

Renaud Capuçon - Gautier Capuçon (© Ana Bloom)
Le 17 octobre est une date que j’aime marquer. Cette année, j’en ai profité pour poursuivre mon tour de Paris des salles de spectacle et aller écouter un concert de musique de chambre de Brahms, salle Pleyel.
Contrairement à la musique de salle, la musique de chambre est écrite pour des petites formations musicales, des sextuors au maximum. Dans le cas de “Brahms, musique de chambre”, ils étaient 3 sur scène : un pianiste, et deux frères, l’un violoniste et l’autre violoncelliste (les frères Capuçon, à gauche).
Ce que je préfère avec les concerts, et surtout la musique classique, c’est que c’est un support à pensées. Je n’arrive que très peu à me concentrer sur ce que j’écoute – et pourtant j’essaye ! – mais mon esprit s’envole inévitablement, au bout de quelques minutes, ailleurs. Ce que j’ai retenu de cet après-midi ? Une impression de légèreté, une bulle de poésie dans une journée pluvieuse.

J’entends souvent des gens qui me disent ne pas connaître assez la musique classique pour aller à ce genre de concerts. Je vous arrête tout de suite : je n’y connais pas grand-chose non plus, et ça ne m’empêche pas d’essayer. Cela dit, pour vous faciliter la vie, voici quelques pistes / suggestions pour les mois à venir (je pense que j’irai à la plupart, donc si ça vous tente, mettez-moi un petit mail
) :
- Musique classique
- Pour y voir un peu plus clair dans les différents courants de musique classique, les compositeurs et leurs œuvres, rien de telle qu’une Leçon de musique de Jean-François Zygel. C’est au Théâtre du Châtelet, une fois par mois, ça coûte 15 € et on ressort toujours plus intelligent qu’on est arrivé.
Les prochaines éditions seront sur les opéras :
- Le Freischütz, le 21/12
- Norma, le 11/01
- Faust, le 08/02
- Lohengrin, le 01/04
- Toujours au Théâtre du Châtelet, les concerts du dimanche matin sont un moment informel à passer en famille autour de la musique classique. Le concert commence à 11h pour les parents, pendant que les enfants assistent à un atelier de chant. Le répertoire des concerts est vaste et va du classique au baroque, en passant par la musique de chambre ou le chant lyrique.
- Opéra
Pour l’opéra, je n’ai malheureusement pas d’astuces miracles : mieux vaut garder l’oeil ouvert sur les salles les plus intéressantes. L’opéra Batille prévoit néanmoins un programme alléchant pour la fin de l’année et 2010 avec :
- La Ville Morte de Korngold, adapté du très beau roman Bruges-La-Morte du belge Georges Rodenbach, du 03 au 27/10
- La Bohème de Puccini, du 29/10 au 29/11
- Salomé, de Richard Strauss, du 07/11 au 01/12
- Jazz & Electro
La Salle Pleyel propose une programmation inattendue et originale ces prochains mois, avec par exemple :
- Tutu de Marcus Miller le 21/12 : bassiste de Miles Davis, il produit cet album avec lui en 1986, et le récréera pour la salle Pleyel.
- Laurent Garnier, qui présentera une oeuvre spécifique le 13/03
- Air, avec une création spéciale, le 06/06.
Toutes les infos pratiques sont sur les sites des salles mentionnées.
Je ne sais pas trop ce qu’on peut souhaiter dans ce cas : bonne écoute ? bonne musique ? En tout cas, assurément de bons moments !
Il y a des jours où l’on n’a pas envie de sortir. Mais alors pas du tout. J’étais dans un de ces jours là, je n’avais qu’une seule envie : me rouler dans ma couette et dormir jusqu’à lundi prochain. Mais voilà, j’avais un billet pour “La Flûte Enchantée” au Théâtre du Châtelet. Alors je me suis trainée, presque à reculons, m’imaginant un opéra un peu classique avec cantatrices en robes longues, chef d’orchestre gesticulant et musiciens en smoking. Je n’aurais pas pu être plus loin de la vérité, et je pense avoir vécu l’une des plus grosses surprises artistiques de l’année. A vrai dire, le nom de la pièce, Impempe Yomlingo, aurait du me mettre la puce à l’oreille.
Hier soir grâce à une amie extrêmement chère qui m’a invitée à l’accompagner au Musée d’Orsay, j’ai eu la chance d’assister à une projection privée dans l’Auditorium du musée (très beau je dois dire) et ainsi découvrir les balbutiements du 7ème Art : certains films “muets” (ou presque… suivant les années..) datant de la fin du XIXème siècle ! Ce bouquet commenté avec passion par un spécialiste du genre : Dominique Païni, entre autres, ex directeur de la Cinémathèque française http://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Païni
Vous vous rendez compte le temps des Impressionnistes.. avec un déjeuner sur l’herbe” (comme celui de Manet) mais filmé !
Des comédies burlesques, drames, saynètes de la vie quotidienne, empruntes d’humour et de légèreté. On peut alors (re) découvrir et revivre ce cinéma des origines, témoin du temps passé et expression du passage du XIXème au XXème siècle et ainsi réveiller selon la belle expression de Louis Feuillade « des princesses endormies », joyaux de l’histoire du cinéma…
Mais tout n’est pas perdu pour vous…
Car Gaumont Vidéo et les Archives Gaumont ont sorti deux volumes d’une anthologie exceptionnelle consacrée aux pionniers du cinéma. Des œuvres inédites de styles très différents, qui montrent combien ces premières œuvres furent déterminantes pour l’histoire du cinéma mondial.
Le premier volume est consacré à trois auteurs-réalisateurs :
Alice Guy, la première femme cinéaste, Louis Feuillade, le réalisateur de Fantomas, Les Vampires et Judex et Léonce Perret.
Quant au second, il continue d’étudier le cinéma français des origines à travers 10 cinéastes pionniers : d’Emilie Cohl à l’Ecole des Buttes Chaumont en passant par Jean Durand..
Ces coffrets « Gaumont – Le cinéma premier », se trouvent être apparemment “le fruit des travaux de valorisation entrepris ces dernières années (par Gaumont) : recherche des copies, (avec la collaboration amicale et passionnée des Cinémathèques et Archives du monde entier), recherche des scénarios, des intertitres, des teintures d’origine, restauration technique de ces copies parfois maltraitées par le temps, commande de musiques originales à de grands musiciens”.
Ces coffrets « Gaumont – Le cinéma premier” Vol. 1/Vol. 2 – environ 60 € (chaque coffret)
Offrez les vous et passez plusieurs bonnes “soirées cinéma” sous la couette !



